Introduction
Chapitre 1: La France et ses étrangers
1.1. L’immigration: une surproduction législative
1.2. La politique d’immigration
Chapitre 2: Le parcours migratoire
2.1. La France entre l’ouverture et la fermeture de ses frontières
2.2. De l’interdiction de sortir à l’interdiction d’entrer
Conclusion
Bibliographie
Introduction
La France est de longue date un pays d’immigration. Le mouvement a pris de l’ampleur dès le XIXe siècle et s’est amplifié au lendemain de la première guerre mondiale, d’importants contingents de Belges, Polonais, Italiens, Nord-Africains ou Indochinois venant compenser en partie l’hécatombe militaire. La crise économique des années trente et la seconde guerre mondiale ont mis en veilleuse ce phénomène, mais celui-ci est réapparu avec force après la Libération, non plus tant pour compenser des pertes de guerre, plus modestes qu’en 1914-1918, mais surtout à partir de 1954, pour répondre aux besoins en main-d’œuvre d’une économie en pleine expansion. Les arrivants vinrent cette fois, pour l’essentiel, d’abord d’Espagne et du Portugal, puis du Maghreb, d’Afrique noire et des Antilles. De 1946 a 1990, le nombre total d’étrangers recensés en France est passé de 1,7 a 3,6 millions. Ils représentent actuellement 6,3 % de la population totale.
En France, les immigrés sont restés longtemps marginalisés dans leurs rapports avec la société française, à laquelle il leur était difficile de prendre part en vertu de leur statut d’étrangers qui leur fermait l’accès à la participation politique et leur interdisait de former des associations (jusqu’en 1981). Bien qu’une partie des populations d’origine immigrée soit aujourd’hui française et jouisse des droits de citoyens, il faudra mener à bien un travail considérable pour les convaincre que leur participation est bienvenue et pour que soit modifiée la perception d’étrangers qui demeure malgré leur statut de Français à part entière.
En France, la reconnaissance de la différence, le multiculturalisme et les communautés ethniques font figure d’anathèmes. La Loi de programmation pour la cohésion sociale du 24 juillet 2006 a entériné l’introduction d’un ‘Pacte d’accueil et d’intégration’ aux forts accents de néo-assimilationniste. Pourtant, un deus ex machina républicain a été découvert pour la reconnaissance officielle de l’Islam, le Conseil français du culte musulman. Rien n’empêcherait d’enseigner et de mieux célébrer tous les apports positifs des cultures variées qui se côtoient et s’interpénètrent dans l’hexagone.
La France, c’est aussi le « creuset français ». Autrement dit, des Français ou des Françaises qui épousent les gens d’ailleurs. Et ces derniers acquièrent, eux et leurs enfants, la nationalité Français et cela représente un apport démographique que les chercheurs évaluent aujourd’hui à une bonne dizaine de millions d’individus.
o Yvan Gastaut, L’opinion française et l’immigration sous la Ve République, Paris, Le Seuil, 2009.
o Gérard Noiriel, Le creuset français, Paris, Le Seuil, 2008.
o Georges Tapinos, L’immigration étrangère en France (1945-1973), Paris, INED-PUF, 2007.
o Vincent Viet, La France immigrée, Paris, Fayard, 2008.
o Patrick Weil, La France et ses étrangers, Paris, Gallimard Folio, 2005.
o Catherine Wihtol de Wenden, Les immigrés et la politique. Cent cinquante ans d’évolution, Paris, Presses de Sciences Po, 2008.
o Catherine Wihtol de Wenden, Faut-il ouvrir les frontières ?, Paris, Presses de Sciences Po, 2007.
o Yves Lequin, La mosaïque France, Paris, Larousse, 2008.
o Retraite et Société, n° 55, octobre 2008, p. 100-131
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